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Derrière le premier de cordée, la misère demeure une violation des droits humains fondamentaux

La Journée mondiale du refus de la misère ainsi que la Journée noire des associations sont de bien tristes occasions de nous pencher sur une facette peu reluisante de notre pays : bien que sixième puissance mondiale, la France compte près de 9 millions de personnes vivant avec moins de 1015 euros par mois (soit 60% du niveau de vie médian). Depuis 2005, le nombre de “pauvres” n’a cessé d’augmenter.

Comment accepter que le taux de pauvreté moyen en France, en 2017, soit d’un peu plus de 14% ? Pire encore, il s’élève à 20% chez les jeunes : cela signifie qu’un enfant sur cinq, soit 3 millions d’enfants, vivent sous le seuil de pauvreté. Veut-on vraiment être citoyen-ne-s d’un pays où une partie de la population vit dans des conditions indignes, alors que nos richesses ne cessent de croitre ?

Que fait le gouvernement pour combattre cette situation tragique qui derrière les chiffres soulève une une multitude d’autres maux, un cumul d’inégalités et de précarités dans les domaines de l‘éducation, du logement, de l’emploi, de la santé, de la culture, de l’environnement… ?

Par un habile jeu de retournement communicationnel, il s’emploie à inverser les valeurs : les riches deviennent des méritants opprimés fiscalement qui entretiennent des profiteurs pauvres vivant de cette rente, les régressions sociales deviennent des réformes progressistes et la défense des droits, des privilèges de conservateurs. Les ministres n’ont dès lors plus aucune difficulté à traiter les chômeurs de profiteurs ou le président à taxer les français-es de fainéants.

Alors que le FMI concède que les inégalités sont un frein à la reprise économique et la taxation des plus riches, l’outil de lutte adapté, le gouvernement propose l’inverse : réduction des dépenses publiques, abaissement des droits sociaux et assouplissement de la fiscalité pour les détenteurs de richesse. La formule du retour en arrière dénoncée par l’ensemble des acteurs du logement social et de la sphère associative.

Tandis que Bruno Lemaire déclarait sans honte: « nous allons rendre 400 millions d’euros aux 1 000 premiers contributeurs à l’ISF », le gouvernement a, avec une violence inouïe, décidé la suppression de 150 000 emplois aidés dès 2017, et 110 000 supplémentaires en 2018. Contrairement aux déclarations du ministre de l’Economie, selon lequel la France fait mieux que la plupart de ses voisins européens et que les grands pays de l’OCDE question inégalités, les chiffres de l’OCDE et de la Commission européenne placent la France 19e sur 33 pays. Ils démontrent combien les progrès à faire en la matière sont importants. Compte tenu de la fragilité des associations, beaucoup déboucheront sur des licenciements. Cette politique témoigne d’une ignorance et d’un mépris des réalités sociales en France.

Les écologistes rappellent que la lutte contre la misère et la précarisation est l’une des tâches les plus impérieuses qui nous incombe. Elle implique que le gouvernement ait le courage de reconnaître ses erreurs. Dès aujourd’hui il s’agit de revenir sur la suppression des emplois aidés, de cesser les aides déguisées aux actionnaires des grandes entreprises comme le CICE, de rétablir l’ISF et d’instaurer une fiscalité plus progressive et mieux fléchée (pauvreté, environnement).

Retrouver le ciment nécessaire à la construction du vivre ensemble passe par la lutte contre les inégalités et la précarité, mais aussi par la définition de nouveau droits sociaux qui ne soient plus assis sur le travail et le mythe des richesses crées.