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Esclavage en Libye : la France et l’Europe doivent mettre fin aux renvois de migrant-e-s en Libye

Il a fallu le reportage de la journaliste d’origine soudanaise Nima Elbagir de CNN pour que le monde découvre le sort réservé aux milliers de migrant-e-s africains sur le territoire libyen dont beaucoup de mineur-e-s. Des êtres humains vendus aux enchères et réduits en esclavage. Ces révélations édifiantes montrent des scènes d’un autre temps d’humains vendus comme des objets en plein jour.

Des images profondément choquantes qui ont fait le tour de la planète. Elles illustrent le sort dramatique des réfugié-e-s africains, à un moment où l’ONU qualifie d’« inhumaine » la politique migratoire de l’Union européenne dans le pays.

Elles en disent long sur l’enfer des centres de détention gérés par des trafiquants, où des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants sont littéralement empilés les uns sur les autres, enfermés, privés de droits et de dignité au mépris de tous les traités internationaux .

Pourtant ce trafic humain ne date pas d’aujourd’hui. Depuis des mois, les organisations, L’Unicef ou l’Organisation internationale pour les migrations avaient recueilli les témoignages des migrant-e-s réfugié-e-s, notamment des jeunes qui confirmaient qu’ils avaient été « violés, torturés et soumis à l’esclavage ». L’ONG Médecins sans frontières avait solennellement demandé à l’État de ne plus renvoyer les migrant-e-s en Libye.

On estime qu’il y a 19.900 personnes se trouvant dans ces centres de détention début novembre, contre 7000 mi-septembre.

La France et l’Europe portent une lourde responsabilité dans la situation chaotique libyenne. Europe Écologie Les Verts demande donc à la France et l’Union européenne d’assumer leurs responsabilités. Les effets de l’accord entre l’Union européenne et la Turquie en 2016, ce que nous avons vu en Grèce, en France, dans les Balkans et au-delà, sont autant d’exemples de frontières toujours plus hermétiques et d’une politique de rejet toujours plus radicale. On ne peut pas à la fois faire de la rhétorique humaniste et renvoyer les réfugié-e-s chez eux comme semble le pratiquer l’Union européenne.

La France doit avoir une politique cohérente. Europe Écologie Les Verts salue la saisine du Conseil de sécurité pour mettre fin à cet esclavage. Mais encore faut-il  prévenir ce trafic en ayant une politique humaniste d’accueil des réfugié-e-s digne d’un pays des droits de l’homme et surtout cesser de renvoyer les réfugié-e-s chez eux, où ils finissent par retomber dans les mains des trafiquants.

 

Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux