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Israël-Palestine : faire prévaloir le droit international, pour une reconnaissance de l’État palestinien

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté, le 23 décembre dernier, à l’unanimité, grâce à l’abstention historique des États-Unis, la résolution 2334 qui condamne la colonisation israélienne de la Palestine occupée et enjoint à Israël de cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation jugée illégale, la considérant en outre comme le principal obstacle à la paix.

Par ailleurs, le 15 janvier, et à l’initiative de la France, une Conférence pour la Paix au Proche-Orient a réuni 70 États et organisations internationales à Paris ; or, dès son annonce, et avant même qu’elle ne se tienne, cette initiative française avait été rejetée par Israël dont l’un des ministres a osé la comparer au « procès Dreyfus ».

Europe Écologie Les Verts se félicite de l’adoption de la résolution 2334, en particulier dans sa condamnation sans équivoque de la colonisation israélienne.

Au mépris de cette résolution, au mépris du droit international, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou vient de relancer la colonisation à Jérusalem-Est en annonçant la construction de centaines de logements ; il a ajouté que 11 000 constructions supplémentaires à Jérusalem-Est seraient bientôt autorisées.

Ce faisant, les autorités municipales se prévalent de ce que « les règles du jeu ont changé avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Nous n’avons plus les mains liées comme du temps de Barack Obama ».

L’annonce d’une rencontre Trump-Netanyahou dès février, avec, au menu, la mise à mal de l’accord international avec l’Iran, impose une réaction forte et rapide. S’ajoutant à l’annonce du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem ou de l’annexion de Maale Adoumim, zone particulièrement stratégique car elle couperait pratiquement la Cisjordanie en deux, le risque est grand que s’enclenche une mécanique incontrôlable.

EELV estime que le danger est bien réel d’une radicalisation de la colonisation israélienne : avec l’administration Trump, l’extrême droite israélienne tente un très grave saut qualitatif, en passant de la colonisation à l’annexion. A preuve la loi du 5 décembre dernier sur les avant-postes, et celle, annoncée, sur Maale Adoumim.

Cependant, pour EELV, le fait que le transfert de l’ambassade soit présenté maintenant comme une mesure qui demande du temps et que l’annexion de Maale Adoumim ait été retirée de l’ordre du jour du cabinet Netanyahou montre néanmoins que tout n’est pas encore joué. Quand monte à travers le monde le rejet de tout ce que représente Trump, il est possible de faire reculer le tandem Trump-Netanyahou.

Dans ce contexte, la toute récente annonce de l’annulation du voyage à Bruxelles de l’ex-ministre israélienne Tzipi Livni, que la police et la justice belges auraient voulu convoquer pour répondre aux accusations de crimes de guerre selon le principe de la compétence universelle, prouve aussi que des mesures concrètes peuvent être efficaces pour faire prévaloir le droit international.

EELV estime que la France, qui vient de condamner la reprise de la colonisation, doit urgemment jouer son rôle, elle qui a soutenu la résolution 2334. Mais elle ne doit plus se contenter de déclarations verbales : pour bien montrer sa détermination à faire prévaloir le droit international, elle doit dès aujourd’hui interdire l’entrée des produits et services liés à la colonisation.

Pour EELV, il est grand temps pour l’État français de reconnaître l’État de Palestine dans les frontières du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale, comme l’avaient déjà voté, dès 2014, 493 parlementaires français, et comme y appellent aujourd’hui douze ambassadeurs français.

Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux