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Lima confirme l’engagement des Etats pour un accord à Paris en 2015, mais le climat reste prisonnier des égoïsmes nationaux.

La 20ème Conférence des Parties de la convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (COP20) s’est terminée dimanche avec un texte qui pose les bases de négociation pour l’accord global qui devra être acté à Paris dans un an, sans acter malheureusement d’avancées significatives.

Pour Yannick JADOT, député européen et coordinateur de la COP21 pour le groupe des Verts au Parlement européen :

« La bonne nouvelle, c’est qu’en dépit des tensions très fortes à Lima, aucun pays n’a remis en cause la nécessité de trouver un accord global et ambitieux à Paris l’année prochaine. Malheureusement, la dynamique politique créée par l’accord US-Chine sur le climat ne s’est pas traduite par des avancées concrètes.

Les négociations des Nations-Unies sur le climat et les dirigeants démontrent qu’ils peinent dramatiquement à intégrer la nouvelles réalités climatiques et économiques et accentuent leur retard par rapport à la prise de conscience et à l’action des citoyens, des collectivités locales et des entreprises.

Surtout, il n’y a toujours pas de visibilité sur l’enjeu crucial du soutien financier aux pays en développement pour s’adapter aux conséquences du dérèglement climatique et participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Du coup, le fossé de défiance entre les pays riches et les pays pauvres n’a pas commencé d’être comblé. En outre, on constate déjà que les engagements des pays les plus émetteurs qui seront soumis d’ici mars 2015 sont loin d’être suffisants pour maintenir la planète sous 2 degrés de réchauffement.

Des instruments internationaux efficaces en matière de financement climat pour accélérer, dans les pays en développement, tant le transfert des énergies fossiles vers les renouvelables que les solutions soutenables et respectueuses du climat doivent être déployés rapidement. C’est dans notre propre intérêt. Plus vite ce changement de cap s’opérera, moins seront élevés les coûts humain et financier pour stopper un dérèglement climatique dangereux.

L’Union européenne doit donc montrer l’exemple par ses engagements financiers et ses objectifs de réduction des émissions. Des dialogues ministériels sont planifiés pour le printemps 2015 en Norvège et à Bruxelles, ainsi qu’un conseil informel de l’environnement où la question du financement climat sera approfondie. L’UE doit montrer la voie en donnant sa feuille de route pour contribuer à l’objectif des 100 milliards de dollars par an en 2020 et au-delà.

La pression publique devra s’exercer sans relâche en 2015 afin que les principaux responsables des émissions réévaluent leurs ambitions pour Paris. La « campagne européenne Paris 2015 » de notre groupe au Parlement européen est d’ailleurs l’une de nos priorités des douze mois à venir !

Aujourd’hui, les citoyens, mais aussi de nombreuses entreprises, villes ou régions attendent des dirigeants qu’ils prennent enfin acte des énormes bénéfices économiques, sociaux et démocratiques liés à une révolution énergétique et industrielle pro-climat. Alors que l’économie verte est en route, c’est au tour des chefs d’Etat et des négociateurs d’entendre ce changement profond de société. «