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Ruquier : du buzz sur le dos des souffrances des femmes

Sandrine Rousseau, invitée d’On n’est pas couché samedi 30 septembre pour parler de son livre et de son association Parler, a été violemment prise à parti par le chroniqueur Yann Moix et la chroniqueuse Christine Angot.

Europe Écologie les Verts réaffirme tout son soutien à Sandrine Rousseau, adhérente EÉLV et ancienne membre de la direction, et défend l’importance de dispositifs d’écoute, d’accompagnement et d’orientation pour les personnes victimes de harcèlement et de violences au sein des partis.

Mis en place par EELV sous l’impulsion de Sandrine Rousseau dès décembre 2016, ce dispositif novateur et expérimental a pour objectif de faciliter la libération de la parole, à travers trois axes :

  • Des personnes référentes, formées au recueil de la parole et à l’orientation vers les associations partenaires, qui interviennent en trois temps : écoute, orientation et alerte.
  • Un conventionnement avec deux associations qui assure l’accompagnement des personnes victimes. Elles peuvent être contactées directement ou via les personnes référentes. L’anonymat est garanti.
  • Les personnes référentes comme les associations partenaires s’engagent à alerter l’équipe de direction du parti, en garantissant l’anonymat si les victimes le demandent.

L’ensemble des informations sur ce dispositif est disponible sur le site Internet du parti : http://eelv.fr/stop-harcelement/

Eelv invite toutes les organisations et institutions à mettre en place de tels dispositifs. En matière de harcèlement et d’agressions à caractère sexuel, la règle est trop souvent le silence ou le non traitement des cas signalés. Rares sont les personnes qui portent plainte et osent même parler. Pourtant, rares sont les organisations qui ont des dispositifs de lutte ou d’écoute en interne.

La libération de la parole passe par une chose simple: la capacité d’écoute : savoir écouter sans juger ni dénigrer, savoir écouter et agir en conséquence. La séquence subie par Sandrine Rousseau lors de cette émission montre à quel point nous avons collectivement, en tant que société, à progresser en la matière.

Celles qui franchissent ce premier obstacle, celles qui parlent, passent souvent par un parcours judiciaire difficile et long. Les plaintes sont le plus souvent classées, les condamnations, lorsqu’elles aboutissent, le sont a minima. À cela s’ajoute un délai de prescription bien trop court en regard du processus par lequel doivent passer les personnes pour se reconnaître victimes et réussir à s’émanciper suffisamment des organisations pour leur permettre d’entamer une procédure.
Aujourd’hui, seuls 10% des agresseurs sont condamnés et 94% des victimes de harcèlement sexuel au travail quittent leur emploi.

C’est tout cela que notre société doit entendre et qui doit profondément changer et le travail d’EELV est en ce sens. La violence des échanges lors de cette émission témoigne encore une fois de l’injustice à l’œuvre : les femmes portent le poids d’une honte qui n’est pas la leur, subissent un silence qui invisibilise leurs souffrances, subissent le poids d’oppositions que la société leur fait porter. La honte doit changer de camp.