1. Protéger et restaurer la nature et la biodiversité

« En économie, la bonne santé de la planète ou la place de la nature ont toujours été considérées comme négligeables. La nature non exploitée recèle une valeur nulle. On reconnaît dans cette position anthropocentrique, centrée sur l’être humain, le pendant économique de la conception cartésienne du dualisme entre les humains et la nature. »
Michel Sourrouille

 

Alors que la perte de nature et les dégâts causés aux écosystèmes sont pour la plupart irréversibles, nous vivons la sixième grande crise d’extinction des espèces. Les populations de vertébrés ont chuté de 58 % entre 1970 et 2012. Les causes de cette évolution sont connues : la dégradation des habitats, sous l’effet conjugué de l’agriculture, de l’exploitation forestière et de l’urbanisation, la surexploitation des espèces (chasse, pêche, braconnage) et la pollution.

La nature rend pourtant gratuitement un nombre considérable de services : pollinisation, épuration, paysages, protection contre de nombreux risques, etc. 40 % de l’économie mondiale repose sur ces services et 60 % d’entre eux sont en déclin. La France possède un capital naturel exceptionnel, notamment en outre-mer. Or, elle est au huitième rang des pays abritant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées. Il y a donc urgence.

Nous sommes une espèce parmi d’autres. Notre existence, l’air que nous respirons, ce que nous mangeons, l’eau que nous buvons et notre santé dépendent de la richesse et de la santé des écosystèmes dans lesquels nous évoluons. Notre sort est lié à celui de toutes les espèces vivantes.

C’est pourquoi préserver l’environnement, la qualité de l’air, de l’eau et des sols et la biodiversité devrait être notre priorité. Il est vital de redéfinir nos priorités. L’économie et la croissance ne sont pas des valeurs auxquelles il est légitime de tout sacrifier, d’autant qu’il est possible de créer des emplois sans contribuer à la destruction irréversible des milieux naturels et à la pollution de notre environnement. À l’opposé d’une vision purement utilitariste de la nature, en France comme ailleurs, l’humain doit redéfinir sa place dans l’équilibre du monde vivant.

Les écologistes proposent :

  • d’inscrire dans nos lois fondamentales (Constitution, traités européens) une règle de protection des communs environnementaux (air, eau, sols, biodiversité, climat…) pour en finir avec les pratiques actuelles de capitalisation des bénéfices économiques, basées sur l’exploitation de la nature et la socialisation des coûts des dommages qui lui sont causés ;
  • d’intégrer la protection et la restauration de la nature et de la biodiversité en amont de toutes les politiques publiques, afin de permettre une gestion transversale via l’internalisation des coûts, la fiscalité écologique, l’éco-conditionnalité des aides, l’évaluation écologique de l’économie, le contrôle sérieux des usages et la juste réparation des dommages ;
  • d’adopter, au niveau national et régional, des objectifs de préservation et de restauration des sols, afin de garantir leur capacité globale de stockage du carbone et leur rôle majeur dans la lutte contre le changement climatique ;
  • de dégager un budget dédié au service de protection-restauration de la nature ;
  • de mettre en place le service de protection et de restauration de la biodiversité, en mobilisant et en coordonnant l’activité des offices et des agences nationales ;
  • de rendre opposables les schémas d’aménagement et de protection de la nature.

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