7. Relier environnement et santé : un enjeu sanitaire et démocratique majeur

Aujourd’hui, les avancées scientifiques et médicales démontrent que nous ne pouvons plus ignorer l’influence de notre environnement sur notre santé. L’augmentation des maladies chroniques non infectieuses, liée aux facteurs environnementaux et aux modes de vie, est reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme un défi majeur pour les systèmes de santé et les économies mondiales.

La France n’échappe pas à ce diagnostic : problèmes respiratoires dus à la pollution de l’air extérieur et intérieur, affections générées par les perturbateurs endocriniens. Nous devons avoir pour objectif la diminution de 25 % des maladies chroniques à l’horizon 2025. Or, la politique de santé actuelle s’inscrit principalement dans une logique curative. La majorité des crédits est centrée sur les soins et le dépistage, ce qui laisse peu de place à la prévention.

Pour cette raison, il est urgent :

  • de promouvoir les médecines alternatives ;
  • de réduire les inégalités territoriales, environnementales et sociales, et de garantir l’accès de tou.te.s à la santé ;
  • de former les professionnel.le.s de santé et de prévention aux liens environnement-travail-santé.

Pour renforcer la démocratie sanitaire, les écologistes proposent :

  • de créer un secrétariat d’État à la prévention santé-sécurité-environnement et une mission interministérielle en charge d’élaborer une grande loi pour développer la prévention en termes de santé, de sécurité, de bien-être et d’environnement au travail ;
  • de créer un institut de veille environnementale chargé notamment de lancer un grand plan national d’analyse et de recherche en santé-environnement ;
  • de donner à la prévention la même importance qu’aux soins dans les agences régionales de santé ;
  • de protéger les citoyen.ne.s de la surexposition aux champs électromagnétiques (CEM) et des émissions sonores
  • de lutter contre les déserts médicaux par la multiplication des maisons de santé pluri-professionnelles et des maisons de naissance.
  • de susciter une mobilisation de grande ampleur, particulièrement en direction des femmes enceintes et des parents de jeunes enfants, sur les dangers des substances chimiques toxiques, notamment les perturbateurs endocriniens.
  • d’agir en faveur de la santé mentale (prévention et soin) en lançant une campagne de « déstigmatisation » des malades mentaux (dont les statistiques montrent qu’ils sont plus souvent victimes qu’auteurs de violence) et en redonnant aux secteurs de psychiatrie pour enfants, adolescents et adultes la place qu’ils méritent dans le dispositif de soins, en luttant contre l’hospitalo-centrisme.
  • de garantir l’accessibilité financière des soins :
    • en augmentant la part de l’assurance maladie dans le financement des soins de santé, donc en diminuant la part des assurances complémentaires, afin de tendre vers l’équité entre assurés sociaux ;
    • en mettant en place un principe de cofinancement d’une mutuelle en partenariat régions-collectivités et en permettant une meilleure couverture des soins dentaires et oculaires ;
    • en baissant les prix des médicaments ;
    • en luttant contre les déserts médicaux par le développement des maisons de santé pluri-professionnelles et des maisons de naissance ;
    • en conditionnant les aides à l’installation au respect du conventionnement en secteur 1 ;
  • d’agir contre les lobbys en développant le rôle de l’expertise citoyenne et en défendant les lanceur.se.s d’alerte ;
  • d’élargir par la loi le périmètre de l’action de groupe (loi relative à la consommation, dite loi Hamon) aux domaines de la santé et de l’environnement (responsabilité), avec prise en compte des dommages corporels et du préjudice écologique et moral ;
  • de mettre en place une politique de prévention des dépendances, en sus des soins et des accompagnements adaptés, car l’usager de drogues n’est pas un délinquant ; concernant la lutte contre le cannabis : constat de l’inefficacité de la prohibition, légalisation de la vente aux majeurs, prise en charge publique de la régulation commerciale et du contrôle qualité ;
  • de reprendre la lutte contre les infections sexuellement transmissibles et le VIH/SIDA (prévention, recherche, accès aux soins) et d’assurer l’accompagnement des personnes touchées ;
  • d’améliorer les conditions de fin de vie en rendant les directives anticipées opposables et de donner le choix aux patient.e.s en dépénalisant l’aide active à mourir ;
  • d’organiser des actions de prévention du mal-être en direction des jeunes en recherche par rapport à leur sexualité et leur identité de genre les personnes lesbiennes, gays, bi et trans se suicident en moyenne quatre fois plus que le reste de la population, d’où l’importance de mettre en place une politique spécifique de prévention du suicide auprès d’elles.

 

La crise sanitaire en quelques chiffres

En France, en 2015, environ 15 millions de personnes, soit près de 20% de la population, sont atteints de maladies chroniques :

–  doublement des diagnostics de cancers depuis 30 ans ;
–  progression depuis 10 ans des AVC, de l’insuffisance cardiaque ;

–  augmentation du diabète ;
–  l’obésité a plus que doublé chez l’adulte ;
–  forte progression des maladies d’Alzheimer et de Parkinson, de maladies émergentes

(maladies chroniques caractérisées par un ensemble de symptômes communs) ;

–  augmentation fulgurante des risques psycho-sociaux ;
– apparition de maladies infectieuses inhabituelles sous nos climats ;

–  pubertés précoces de plus en plus fréquentes ;

–  questionnement posé de l’influence de l’environnement sur la fertilité humaine ;

–  la pollution atmosphérique est responsable de 6 mois d’espérance de vie en moins et cause 48000 décès par an. Ainsi  les particules fines, liées notamment au diesel, constituent un des risques sanitaires les plus graves qui occasionnent un cout social, économique et financier considérable (coût estimé, par un rapport sénatorial de 2015, à plus de 100 milliards par an). l’acte le plus vital qui soit, respirer, doit cesser d’être  potentiellement dangereux.

Pour cela, nous devons :

  • réduire le niveau global de pollution et non gérer les pics de pollution ;
  • prendre les mesures automatiques en cas de risque ou de pic de pollution ;
  • résorber les inégalités environnementales et sociales ;
  • agir contre la pollution de l’air intérieur.

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