7. Pour une planète pacifiée : vers le désarmement mondial et la reconversion industrielle

I. Une organisation mondiale de réduction de l’armement

En accord avec les travailleur.se.s du secteur de l’armement et des institutions de la défense, la France pourra proposer la création d’une organisation mondiale de réduction de l’armement, et commencer par rendre effectif un contrôle national du marché des armes. Un forum citoyen sur la prévention et la résolution non-violente des conflits pourrait être organisé. 1 % du budget de la défense sera consacré à la formation à la non-violence, à la polémologie (approche des conflits fondée sur la compréhension de leur origine et de leur fonctionnement), etc. Une politique internationale et de sécurité devra encadrer strictement le « secret-défense » d’État, notamment pour connaître l’implication de la France dans les conflits (entre autres, celui du Rwanda entre 1990 et 1994).

 

II. La réduction et la reconversion des secteurs de l’industrie de l’armement

La France est depuis 2015 le deuxième exportateur d’armes dans le monde. Le secteur de l’armement est, à l’exception du groupe Nexter, entièrement privatisé. Bien que dominé par des entreprises multinationales (Thales, Safran, EADS), s’appuyant sur un tissu local et dense de PME, il reste étroitement lié à l’État pour le financement des programmes et la négociation des contrats d’exportation, via la Direction générale de l’armement. L’ébauche d’une politique européenne, marquée par un code de bonne conduite en matière d’exportation d’armes et une incitation à mutualiser les bases industrielles et technologiques de défense au niveau de l’Union, a renforcé les dérives libérales. L’UE doit au contraire réguler et moraliser le secteur de l’armement. Il s’agira de renforcer le contrôle des ventes d’armes par la représentation nationale et de rendre l’information plus transparente. Ce plan de sortie devra inclure une reconversion des travailleurs de ces entreprises, élaborée avec eux, en lien avec leurs savoir-faire.

 

III. Relancer le processus de désarmement nucléaire mondial

La dissuasion nucléaire française est constituée de la composante « océanique », avec quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), et de la Force aéroportée. Il faut démanteler une partie de notre force de dissuasion pour montrer notre volonté de soutien au projet de Convention d’élimination proposé par les Nations unies. Au niveau régional, ce processus pourrait inciter les Britanniques à une démarche identique et convaincre les Américains de retirer d’Europe leurs armes nucléaires déployées dans le cadre de l’Otan.

À court terme, la France doit respecter les dispositions du traité de non-prolifération et dénoncer l’accord de Lisbonne, signé en décembre 2010, sur le dispositif antimissile. Une zone exempte d’armes nucléaires en Europe ouvrirait un espace de négociation avec les Russes pour l’élimination de leurs propres armes tactiques. La première mesure de réduction concernera la suppression de la force aéroportée. D’autres mesures sont envisageables par l’annulation de programmes de modernisation (production du missile M51, finalisation de la nouvelle tête nucléaire océanique, nouvel outil d’expérimentation avec les Britanniques, super-Airix à Valduc, en Côte-d’Or). Ces mesures pourraient permettre par ailleurs une économie de plus d’1 milliard d’euros.

 

IV. Un traité universel d’interdiction des armes nucléaires

Actuellement portée par 139 États, à l’initiative d’Ican, le réseau international pour le désarmement nucléaire, cette proposition permettra d’aller plus loin que l’application des dispositions du traité de non-prolifération nucléaire.

Enfin, la France doit montrer la voie pour la ratification et l’application de la Convention sur les armes chimiques et bactériologiques. Son action au sein des Nations unies doit viser la disparition de ce type d’armes

 

 

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