6. Pour une politique de résolution des conflits par la diplomatie

Réorienter la politique de défense vers une défense européenne commune, indépendante des États Unis, et sortir de l’Otan sont les premières mesures que prônent les écologistes. Elles permettront d’économiser 10 % sur le budget de la défense (3 milliards d’euros). La réorientation de la dissuasion et la diminution des interventions extérieures (Opex) diminueront de facto ce budget d’au moins 1,5 milliard d’euros. D’autres économies sont possibles, notamment en redéfinissant les missions de la Marine vers la protection des zones économiques exclusives ou en renégociant les contrats de l’Airbus A400M, couplés avec les avions ravitailleurs.

Il s’agit ensuite de décider démocratiquement des opérations extérieures éventuelles, de les effectuer sous mandat international et sous le contrôle démocratique du Parlement national et européen, avec des consultations ouvertes aux ONG spécialisées. La présence des forces armées hors du territoire national doit être fondée soit sur un mandat international, soit sur des accords bilatéraux. Les forces ne pourront être engagées que dans le cadre d’un mandat international de l’ONU. Enfin, le contrôle de la représentation nationale sera renforcé par l’obligation d’un vote du Parlement dans un délai rapide pour tout engagement extérieur et de la publication de tous les traités (ratification explicite).

Néanmoins, plusieurs conditions devront être portées par la France auprès et au sein de l’Union européenne pour parvenir à cet objectif, dans le respect des principes que porte l’écologie politique :

  • implication des citoyens de l’Union : informations, débats publics, actions civiques, contrôle ;
  • création d’un European Peace Corps dédié à la prévention des conflits et au maintien de la paix (composante citoyenne de la politique européenne de défense) ;
  • création d’Instituts européens de la paix pour appuyer la consolidation du volet civil de la gestion de crise au niveau de l’UE et des États membres (notamment la France) ;
  • création d’un état-major européen intégrant la gestion civile des crises, placé sous la double autorité du Conseil européen/SEAE (Service européen pour l’action extérieure) et des commissions compétentes du Parlement européen ;
  • mise en place des Battle Groups (traité de Lisbonne) sous la forme d’unités transnationales permanentes, sur le modèle de l’Eurocorps ;
  • création d’une commission « sécurité, défense et maintien de la paix » au sein du Parlement européen, avec pouvoir de codécision sur les opérations extérieures de l’UE et renforcement du contrôle interparlementaire des forces armées ;
  • critères communs pour une intervention extérieure légitime de l’UE : légalité internationale, consentement démocratique, proportionnalité, dernier recours, conséquences écologiques et humanitaires ;
  • remplacement de la stratégie de dissuasion nucléaire par un sanctuaire européen « dénucléarisé » et une diplomatie active en faveur du désarmement nucléaire ;
  • consultation sur le maintien de l’Union européenne dans le commandement intégré de l’Otan.

Afin de sortir du système de la Françafrique, le démantèlement de la cellule Afrique (ou son équivalent), l’instauration d’un contrôle parlementaire des décisions militaires de l’Élysée et l’encadrement strict des missions des services secrets français devront également être mis en œuvre. La fermeture et le démantèlement des bases militaires françaises à l’extérieur seront programmés dans la mandature. La France pourra alors demander, de façon légitime, à ses alliés d’en faire autant, afin de créer un mouvement vertueux de démilitarisation à l’échelon international. La présence à Djibouti, qui se justifierait par l’instabilité régionale (Éthiopie, Érythrée, Somalie, ainsi que la protection du détroit de Bab El Mandeb), sera renégociée dans le cadre d’un mandat international. Nous fermerons la base d’Abu Dhabi, qui s’inscrit dans un objectif de vente d’armes aux pays du Golfe, politique belliciste et mercantile que nous réprouvons.

Enfin, dans la recherche d’un monde de paix et de solidarité, deux initiatives nous paraissent devoir être portées par la France en Europe et aux Nations unies :

  • une conférence internationale pour un Proche et un Moyen-Orient pacifiés et dénucléarisés, en développant un fédéralisme adossé à une Union économique ;
  • une relance du partenariat Euro-Méditerranée, avec en priorité le règlement du conflit israélo-palestinien (source du discrédit occidental face à la non-application du droit international et du « deux poids deux mesures » favorisant la montée des replis identitaires et religieux contre l’Occident), ainsi qu’une sortie de guerre en Syrie, en Irak et en Libye, un rétablissement de la démocratie en Égypte, etc.

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