| Conseil fédéral des 09 et 10 juin 2018 | Le Conseil Fédéral

Turquie, Élections sous le régime d’état d’urgence et dans un climat de peur et d’inégalité Soutien à la candidature d’HDP Monsieur Selahattin DEMIRTAS

Contribution

Texte non soumis au vote.

Le 24 juin prochain, des élections présidentielles et législatives se tiendront en Turquie, sous le régime d’état d’urgence et dans un climat de terreur. Le président Erdoğan et ses alliés ultranationalistes (Parti du Mouvement Nationaliste – MHP) ont décidé d’avancer de 15 mois la date de ces élections prévues normalement en novembre 2019. Elles se dérouleront donc dans un contexte extrêmement tendu marqué par une instabilité politique aggravée et des problèmes économiques croissants. Le HDP, 3éme force politique en Turquie, avait fait plus de 13 % lors des législatives de juin 2015 ayant obtenu 80 sièges. Ces élections avaient été annulées par Erdogan et reportées en novembre 2015. Entre les deux élections il y eut des répressions sans précédent et des affrontements avaient fait des dizaines de morts. En novembre 2015 le HDP obtient quand même 59 sièges. Actuellement avec 48 sièges le HDP reste la 3ème force politique et la première à avoir le plus grand nombre d’élus déchus de leur fonction parlementaire et/ou emprisonnés dont les anciens co-présidents. Monsieur Selahattin Demirtas qui est désigné par le HDP candidat à la présidentielle est en prison. Avocat de formation, ancien défenseur des droits de l’Homme, Selahattin Demirtas est l’un des hommes politiques les plus connus de Turquie, ralliant des suffrages au-delà de la base kurde de son parti aux élections de 2015, dont les verts (Yesiller ve Sol gelecek partisi). Les procureurs l’accusent, tout comme des centaines d’autres membres du HDP en détention, d’être lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le HDP dément tout lien. S’il est reconnu coupable, Demirtas est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 142 ans de prison.

EELV avait reçu Madame Tugba HEZER qui avait participé au Conseil Fédéral de décembre 2017, député depuis déchue de ses fonctions parlementaires et qui vit en exil.

Les élections présidentielles et législatives du 24 juin prochain ne détermineront pas simplement les gouvernants de la Turquie pour les 5 ans à venir. Elles mettent aussi en jeu, de manière irréversible, le devenir de la démocratie. Le seuil électoral de 10 % (le plus élevé en Europe), n’a pas été abaissé dans la loi modifiée comme le demandait la communauté internationale.

Le pacte proposé et mis en place par le CHP (Parti Républicaine du Peuple) avec IYI Parti, (Bon Parti) crée suite à la scission avec le MHP de l’extrême droite, et Saadet Partisi (le parti de la Félicité, islamo-conservateur) sert à les sauver du seuil des 10%. Malgré leurs discours anti-Erdogan ce n’est en réalité qu’un rejet du HDP dans lequel les écologistes de Turquie sont présents. De plus ce rejet va servir en priorité à l’AKP puisque le système électoral turc prévoit le report des voix aux partis au-dessus du seuil des 10%.

L’état d’urgence a, depuis juillet 2016, donné lieu à des mesures disproportionnées et à des restrictions inacceptables des libertés fondamentales, en particulier des libertés d’expression, des médias et de réunion. L’AKP au pouvoir depuis 2002 avec actuellement Erdogan à la fois Président de la République et de l’AKP, a annihilé les institutions démocratiques déjà faibles du pays en vue d’établir un règne extrêmement autoritaire.

Dans ce contexte politique très défavorable à l’opposition et en particulier pour le HDP (Parti Démocratiques des Peuples), la détention de Monsieur S. Demirtas candidat à la Présidentielle n’est pas acceptable

Par sa politique autocratique dictatoriale, des projets néfastes pour l’environnement notamment de constructions de centrales nucléaires (AKKUYU) et de barrages à MUNZUR et à Hasankeyf ; par sa politique de guerre contre les kurdes et celle d’invasion du nord de la Syrie ; par sa politique de vider les institutions de leur sens et de supprimer tous les mécanismes de contrôle démocratique ; par sa politique de répression sur tous ceux qui lui sont opposés, entraînant des arrestations arbitraires des dizaines de milliers de personnes des oppositions, en particulier du HDP.

Malgré et contre tout, le parti du HDP continue de défendre sa politique, mener sa campagne électorale malgré les attaques et les pressions, suscitant notre respect. 

Le HDP montre à tous comment construire une Turquie moderne et juste, en mettant la lumière sur le droit des minorités, l’égalité, la justice sociale et les questions environnementales, avec courage et enthousiasme 

Nous EELV, croyons au projet politique du HDP pour une Turquie démocratique, sociale, écologique, dont le programme regroupe un ensemble de forces démocratiques, défend le développement durable, la paix, la solidarité, valeurs communes avec EELV. Nous sommes convaincus que le HDP est une chance pour le climat politique et social en Turquie, ainsi que la démocratisation du pays et le considérons comme une occasion historique pour le processus de paix comme unique solution.

EELV dit ça suffit (TAMAM)

EELV s’inquiète au bon déroulement des élections dans un climat de peur et de terreur et l’absence de moyens de campagnes inégalé

EELV soutient l’envoi d’observateurs pour les élections

EELV Soutient la candidature et demandes la libération de Monsieur Selahattin Demirtas candidat d’HDP au Présidentielle

EELV Soutien les luttes pour la démocratie la diversité et de l’environnementale de la Turquie

 

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