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Crise politique, crise morale, crise globale…

L’affaire Cahuzac est d’autant plus insupportable qu’elle a éclaté au moment où nos concitoyens sont atteints de plein fouet par les effets économiques et sociaux du séisme financier à rebondissements depuis l’effondrement de la banque Lehman Brothers il y a 5 ans.

L’affaire Cahuzac est une affaire de fraude fiscale mais elle est aussi une affaire de réseaux financiers qui, comme chacun sait, convergent vers les réseaux de blanchiment d’argent et de paradis fiscaux. De même qu’il n’y a pas de corrompu sans corrupteur, il n’y a pas de fraude fiscale sans argent sale. Avec l’affaire Cahuzac, l’impression qui domine, c’est que quel que soit son origine, l’argent des politiques « pue » et leurs pratiques sont aux antipodes de leur discours. On voit bien le danger populiste d’un côté ou de l’autre de l’échiquier politique à travers cet écœurement. Le mensonge de Jérôme Cahuzac est avant tout une insulte faite à celles et à ceux qui chaque mois tirent le diable par la queue ainsi qu’aux cohortes de chômeuses et de chômeurs qui tous les jours viennent grossir les statistiques. L’impression que chacun éprouve d’un système pourri est intimement liée à un sentiment de trahison et d’impuissance politique face à la crise. Il semble que la crise soit sans fin. De ce fait, la crise politique semble sans issue.

Pourtant il y en a une ; elle se trouve d’abord dans le sens politique que la gauche veut donner à son action. Du Green deal à la loi sur le conflit d’intérêt, l’écologie politique peut et doit peser sur les décisions du Président de la République. Depuis la réforme du logement jusqu’à la sortie du nucléaire et la démonstration que la nouvelle économie verte peut sortir le pays de la fabrique permanente du chômage, EELV peut et doit peser sur les choix de la majorité. Sur l’Europe, il faut là aussi changer, rompre avec les sales habitudes de repli national à chaque fois que le bateau tangue. La crise actuelle renforce notre projet comme solution globale à la crise pour peu que nous en ayons une vision européenne.
Mais les partis actuels ne correspondent plus aux attentes de la société. La crise actuelle contraint les formations politiques à s’amender, à réviser leurs méthodes, leur fonctionnement. Renouveler la classe politique, cela ne veut pas dire que l’on prend les mêmes et que l’on recommence. Cela implique pour les partis d’aller chercher leurs cadres ailleurs que dans cette technocratie élitiste, d’inclure la société dans toutes ses composantes afin d’être réellement représentatifs. C’est l’hétérogénéité du recrutement de ses cadres qui garantira aussi la fin de la connivence entre les politiques, les dirigeants d’entreprises, les médias… Force est de constater qu’aucune organisation politique ne joue ce jeu sur un temps long.

EELV est un jeune parti, nous avons encore toutes nos chances d’être utiles. Ne reproduisons pas les dysfonctionnements autoritaires d’autres formations. Ne reproduisons pas les manières clientélistes de distribution des mandats au gré des accointances personnelles. Ne soyons pas méprisants et injustes comme lorsque certains accusent notre candidate d’être l’unique responsable de l’échec de sa campagne aux Présidentielles. Sachons résister à la tentation du bouc émissaire. Notre mouvement est divers, chacune et chacun doivent y être respectés. C’est la première condition à la mobilisation militante générale à laquelle nous invite l’affaissement moral de la chose publique auquel nous assistons. Retrouver une certaine crédibilité citoyenne, c’est retrouver l’énergie et la volonté de changer notre monde.

Nathalie Laville
membre du bureau exécutif, en charge de la Communication, Campagne et actions

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