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Flamanville : la grande arnaque nucléaire

L’EPR de Flamanville devait être le fleuron du nucléaire français, son grand renouveau. Après 7 ans de retard dans le planning de livraison et un dépassement des dépenses de plus de 8 milliards d’euros soit quasi un quadruplement du budget, force est de constater que Flamanville est en fait le fiasco industriel du siècle.

Outre les défauts de construction en cascade, outre le coût prohibitif à la charge du contribuable, ce projet est surtout contraire aux objectifs de la loi de transition énergétique adoptée par le Parlement en 2015. On ne peut pas en effet prétendre diversifier le mix énergétique français et soutenir les renouvelables et en même temps investir à perte des sommes folles dans l’énergie nucléaire.

Le nucléaire repose sur plusieurs mythes : sa soi-disant sécurité et la soi-disant indépendance énergétique en sont deux exemples probants. Le premier, déjà fissuré par la gravité des dégâts à la centrale de Fukushima, a volé en éclat sous les feux croisés des actions des militant-es environnementalistes, notamment via les actions de Greenpeace qui ont prouvé la facilité avec laquelle ils et elles pouvaient accéder à des infrastructures hautement-sécurisées, et d’autre part par les conclusions du rapport parlementaire qui inscrit dans le marbre institutionnel les critiques des activistes. Le second ne repose sur aucune réalité. Si la France possède en effet les moyens techniques de produire l’électricité nucléaire, elle est intégralement dépendante de pays tiers en ce qui concerne les matières premières (uranium). Une dépendance qui a des conséquences géopolitiques directes : comment la France pourrait dénoncer des renoncements démocratiques de la part de pays producteurs alors que toute son industrie nucléaire dépend de ressources dont ces pays disposent et auxquelles la France n’a autrement pas accès ? Et les mêmes atermoiements sont malheureusement flagrants s’agissant de pays potentiels acheteurs de la technologie nucléaire, bien que constatant les coûts et les échecs, ces pays se raréfient. Bien loin de garantir notre indépendance, le nucléaire asservit la diplomatie française.

Enfin, le mythe de l’énergie peu coûteuse a fait long feu. Aujourd’hui, dans les pays du G20, le MWh nucléaire coûte entre 3 et 4 fois plus cher que le MWh issu des énergies renouvelables, sans compter le fait que ce dernier induit plus d’emplois et mieux répartis sur le territoire.

Pour Europe Écologie – Les Verts, il est temps de sortir de cette hypocrisie qui met en danger la planète et ses habitant-es et notre économie. Pour protéger l’emploi des personnes qui dépendent du nucléaire et protéger les populations environnantes, les écologistes proposent un contrat de Plan entre l’Etat et les régions concernées afin que les passoires nucléaires de Tricastin ou de Fessenheim deviennent pilotes, en France et dans le monde, de la maîtrise des techniques de démantèlement et de reconversion. Un contrat de plan qui ne saurait exister sans être assorti d’un volet social à la hauteur des enjeux, qui ouvre la discussion avec les travailleurs du nucléaire en leur proposant notamment la reconversion dans le secteur des énergies renouvelables.

La dénucléarisation et la restructuration économique de ces régions dont l’économie est devenue, parfois à leur corps défendant, dépendante du nucléaire est plus que jamais un enjeu européen majeur. La transition est une nécessité pour l’indépendance énergétique et économique de la France. Elle permettrait en outre de pacifier les relations internationales, souvent soumises aux besoins en matières premières qui n’existent pas sur notre territoire.

A l’heure ou la planète surchauffe, il est temps d’enclencher réellement la transition énergétique : misons sur les renouvelables pour enfin “make our planet great again”.

 

Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole