Quel est le problème?

Dans la foulée des rapports Duron et Spinetta, le gouvernement a présenté le 26 février ses projets de réformes ferroviaires. Les réformes engagées consistent plutôt à faire que la SNCF paie pour la dette des investissements décidés par l’État, et ses concentre sur le TGV et l’Île-de-France, au détriment de l’aménagement du territoire, du service public, et de l’environnement. En effet, l’État cessera de soutenir de nombreuses lignes, laissant l’éventuelle charge financière aux régions, et renvoie les ruraux à la route comme seul moyen de déplacement.

Ces orientations ne sont pas celles que les écologistes portent, pour une société solidaire, où l’épanouissement personnel, la santé, la protection de l’environnement et la lutte contre les dérèglements climatiques passent par le droit à la mobilité pour tous et le développement des alternatives au tout voiture et au tout camion.

Par ailleurs, les écologistes dénoncent la politique de passage en force du gouvernement qui vient d’annoncer le recours aux ordonnances pour « réformer » à nouveau la SNCF, en cherchant à provoquer un conflit avec les cheminots, stigmatisés alors qu’ils sont, comme les usagers, victimes de la politique de gestion libérale menée par la SNCF et ses filiales depuis des années.

Quel sont les arguments?

  • Pour le droit à la mobilité de toutes et tous

    Europe Écologie Les Verts défend le droit à la mobilité pour toutes et tous, y compris donc pour une grande part de la population qui n’a pas, même temporairement, un accès à la mobilité individuelle ; ce qui implique le développement d’un service de transport public couvrant tout le territoire (1 arrêt à 30 minutes de toute habitation) avec une généralisation des tarifs solidaires.

    Parallèlement, l’encadrement du développement de l’utilisation des véhicules autonomes, tant pour les personnes que pour les marchandises, notamment pour garantir la sécurité de tous les usagers et pour contribuer à la baisse du volume global de trafic doit être une priorité.

    Nous militons également pour l’extension à tous les territoires des possibilités de financement du transport public existant en Ile-de-France, dont tout particulièrement la fixation du taux et de l’utilisation du versement transport pour l’exploitation du réseau ferré structurant les déplacements dans les métropoles.

  • Pour l'augmentation de la capacité financière pour les régions et les intercommunalités

    Les écologistes soutiennent l’augmentation de la capacité financière pour les régions et les intercommunalités, seules ou en collaboration. Il est également urgent de développer les services alternatifs au tout voiture et au tout camion, en s’appuyant tant que de besoin sur des services nationaux ou mutualisés d’étude (CEREMA) et d’exploitation (SNCF), avec une croissance programmée de la fiscalité sur les carburants fossiles
    et une mutualisation forte des réseaux logistiques (bourse de transport plafonnée, centre de logistique urbaine avec des véhicules propres pour les derniers kilomètres…)

  • Contre les inégalités tarifaires entre les moyens de transport

    Europe Écologie Les Verts soutient la réduction drastique des inégalités tarifaires et fiscales entre les différents moyens de transport : taxation du gazole et du kérosène, tarifs de péage, indemnités kilométriques, barème fiscal pour les frais de déplacements.

    De même, nous soutenons le développement d’un service public efficace, fiable et maillé de transport ferroviaire, diurne et nocturne, dans tout le pays, en lien avec les réseaux des pays voisins.

  • Pour une démocratisation des politiques de mobilité

    Les écologistes demandent l’interdiction de toute fermeture de ligne ferroviaire ou de canal sans qu’ait été étudiées et concertées, avec les collectivités et les citoyen.ne.s concernés, les différentes possibilités de sa valorisation en termes de mobilité.

    Il est essentiel que l’interdiction d’un quelconque monopole national sur les données de mobilité des personnes et des marchandises soit actée.

  • Pour l’Europe des connexions ferroviaires régionales

    Face à l’aviation trop subventionnée ou à la route, sources de pollutions multiples et de dumping social, et sur un marché intérieur unifié, les écologistes prônent l’Europe des connexions ferroviaires régionales, avec un service public européen des réseaux et la ré instauration des trains de nuit.

    Les écologistes appellent également à une action de l’Europe pour rapprocher les services ferroviaires, encourager la coopération des compagnies, et garantir les droits des passagers du train tout au long de leurs trajets, y compris transfrontaliers, y compris lors de l’usage de services régionaux et locaux.

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