| Conseil fédéral des 17 et 18 mars 2018 | Le Conseil Fédéral

Non au projet de piscine radioactive à Belleville-sur-Loire

Contre l’accumulation de déchets toxiques pour longtemps,
la seule solution est la sortie du nucléaire maintenant

« Avant de toucher le fond, Je descend à reculons,
Sans trop savoir ce qui se passait… dans le fond »
Isabelle Adjani, Pull marine.

Exposé des motifs

            Depuis des années, depuis le début de la production d’électricité nucléaire en France, EDF, AREVA (ORANO), l’État savent que nous aurons à gérer pour très longtemps les déchets hautement toxiques issus de cette production.

            La solution imaginée il y a près de quarante ans était d’entreposer ces déchets dans « l’usine de  retraitement » de La Hague, en attendant de trouver un débouché pour ces déchets. Évidemment, il n’existe pas aujourd’hui de filière permettant d’utiliser ces déchets radioactifs, la seule piste suivie par les gouvernements successifs est l’enfouissement « définitif » avec le projet CIGEO à Bure. Mais voilà, alors que l’opposition à Bure se développe, les piscines de La Hague commencent à déborder.

            C’est pourquoi EDF travaille désormais, très discrètement, à un projet de «piscine d’entreposage centralisé», destinée à accueillir sur le site de Belleville-sur-Loire, les assemblages de combustible usé – hautement radioactifs – provenant de ses 58 réacteurs nucléaires. Une installation qui pourrait accueillir jusqu’à 8 000 tonnes de combustible irradié. Sans la mise en lumière faite par Reporterre, ni les élus locaux, ni les habitants, ni même la CLI (commission locale d’information) de Belleville n’auraient été informés de ce projet. Comme à son habitude, EDF, couvert par l’IRSN (au nom de la sûreté), agit dans le plus grand secret.

            Ce projet concerne en particulier un combustible, le MOX, mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium (lui même issu de la production nucléaire à vocation militaire), qui met dix fois plus de temps à refroidir qu’un combustible classique, d’où le besoin de vastes piscines de stockage laissant le temps au combustible de refroidir. Ne pouvant être réutilisé, l’entreposage du MOX risque bien d’être permanent. 

Motion

– Les écologistes s’opposent au projet de piscine d’entreposage centralisé de déchets nucléaires à la centrale de Belleville sur Loire. La solution, après La Hague, après Bure, n’est pas de construire une autre poubelle radioactive nationale et de faire circuler à travers le pays des tonnes de déchets ultra-toxiques. 

– Soutiennent et s’engagent au côté des habitants et les associations locales dans leur lutte contre ce projet, notamment sortir du Nucléaire Berry- Giennois- Puisaye »

– Les écologistes appellent tous les citoyens à comprendre que ce projet  de piscine est constitutif de la politique de production d’énergie nucléaire, qu’ils ne peuvent s’affranchir de la question du traitement des déchets, et que la première réponse absolument incontournable est la sortie  du nucléaire .

Les écologistes demandent :

– L’arrêt programmé et définitif de la production d’énergie nucléaire en France pour 2035.
– l’abandon des opérations de « grand carénage » visant à prolonger les centrales nucléaires et donc leur production de déchets.
– L’interruption dès 2018 des projets de production et de stockage en cours prolongeant cette industrie ruineuse et mortifère, en particulier la construction de l’EPR et le projet d’enfouissement CIGEO à Bure.
– L’arrêt immédiat de la production du plutonium, de la fabrication et de l’utilisation du combustible MOX qui en découle.
– La construction, sur les sites de production, d’installations de stockage à sec en sub-surface pour les combustibles irradiés et pour les déchets de haute et moyenne activité, y compris ceux qui seront issus du démantèlement
– La création d’une filière indépendante de démantèlement des installations nucléaires, sous contrôle des citoyens pour une gestion de proximité.

Unanimité pour

Télécharger la motion : 

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