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Transition agro-écologique de l’agriculture : ne pas rester au milieu du gué

Dans le cadre de l’examen du projet de loi d’avenir sur l’agriculture, l’alimentation et la forêt, qui a débuté hier soir au Sénat, Joël Labbé, Sénateur du Morbihan et Vice-président de la commission des Affaires économiques, défend au nom du groupe écologiste une vision offensive sur la conversion écologiste nécessaire de l’agriculture française et de la gestion des forêt à travers 80 amendements.

 

A l’occasion de la discussion générale, Joël Labbé a rappelé que pour tenir les engagements du Ministre de l’Agriculture de « faire de la France le leader européen de l’agro-écologie », il fallait engager une triple rupture : dans le système alimentaire, plus local et moins carné ; dans le système économique en relocalisant l’activité et en privilégiant les filières courtes ; dans les politiques publiques en l’adaptant mieux aux agro-écosystèmes locaux. Une réforme urgente d’un système à bout de souffle qui menace de transformer les territoires ruraux et agricoles en no man’s lands.

 

Les amendements déposés défendront un autre mode de production des connaissances (reconnaissance des associations de développement agricole et rural, formations en phase avec les principes de l’agro-écologie, réorientation la recherche), l’autonomie des agriculteurs (autonomie décisionnelle, des exploitations et notamment vis à vis des grands groupes industriels, sortie des Préparations Naturelles Peu Préoccupantes de la liste des produits phytosanitaires). D’autres amendements porteront sur la préservation des ressources foncières, la protection de la nature sous toutes ses formes par l’interdiction des produits phytosanitaires classés cancérigènes, mutagènes, repro-toxiques de type 1, tout comme l’interdiction formelle des épandages aériens, notamment dans les outre-mer. Enfin, les écologistes ont porté une attention toute particulière au renouvellement des générations d’agriculteurs (progressivité des cotisations sociales, reconnaissance des coopératives d’emploi agricole…) et formulé des propositions sur la reconnexion entre agriculture, alimentation et territoires.

 

Sur la forêt, Joël Labbé a prévenu : « Une vision uniquement économique et, qui plus est, strictement cantonnée à une approche filière ne peut nous satisfaire. La présomption de garantie de gestion durable accordée au code debonnes pratiques sylvicoles, auquel on adjoint une obligation de coupe et travaux mais aucun volet social et environnemental, est une disposition contraire aux objectifs affichés et qui contribuera encore davantage à la concentration de la filière. Il faut y revenir. »

 

Le Sénateur du Morbihan a toutefois prévenu que le soutien à ce texte attendait en contrepartie une cohérence avec les autres politiques publiques, notamment commerciales : « Le Partenariat Transatlantique semble aller à contre-courant des principes de l’agro-écologie ! Une baisse généralisée des tarifs douaniers serait synonyme d’une arrivée massive de produits agricoles américains et d’un renforcement d’une agriculture européenne et française productiviste, d’une production animale basée sur le couple maïs/soja, d’une course pour des coûts de production les plus bas au détriment de nos standards sociaux, environnementaux, sanitaires, des circuits courts, de la relocalisation. Nos appellations d’origine devenues caduques seraient remplacées par le fameux bœuf aux hormones et le poulet javellisé ? »

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