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Traque des personnes réfugiées : la honte de la République

Mercredi 14 mars, un habitant du Briançonnais, Benoît Ducos, est convoqué à la police aux frontières pour avoir emmené de la montagne à l’hôpital une femme sur le point d’accoucher. Cette femme en exil, enceinte de huit mois et demi, traversait un col enneigé, à pied, de nuit, pour échapper aux contrôles aux frontières intérieures que la France a rétablies  « pour faire face à la menace terroriste ».

Aux cols de l’Échelle et de Montgenèvre, la police traque non pas le terrorisme mais bien les réfugié.e.s arrêtés à la frontière, invités à passer la nuit par -15 degrés dans une dépendance du poste ouverte à tous vents ; ils sont admis le lendemain aux urgences avec des engelures aux pieds et aux mains.

On y voit aussi beaucoup de mineur.e.s reconduits en Italie, en toute illégalité. On y voit bien sûr beaucoup de bénévoles harcelé.es par les autorités. On y a vu un jour deux hommes poursuivis par la police dévisser dans une barre rocheuse. On y voit maintenant une femme prise de contractions à qui on refuse le droit d’accoucher ailleurs que dans un fourgon de douaniers.

Chaque jour au refuge de Briançon, chaque nuit dans la montagne, Benoît Ducos et les bénévoles de ces vallées sauvent discrètement quelque chose de notre dignité collective. Europe Écologie – Les Verts tient à les remercier profondément et leur dire qu’ils ne sont pas seul.es face à l’appareil d’État. Avec eux, partout en France, en Italie et ailleurs, nous nous revendiquons tous de cette solidarité à l’égard des réfugié.e.s.

Si aujourd’hui ces humbles bénévoles dérangent tant le Gouvernement, c’est qu’ils et elles pointent du doigt l’insupportable grand écart devenu la marque de fabrique du président de la République, entre beaux discours humanistes et répression inhumaine.

Plutôt que de trier les réfugié.e.s et persécuter les bénévoles, le gouvernement doit agir à la mesure de sa responsabilité politique dans les événements qui jettent des centaines de milliers de gens sur les routes mortelles d’un exil contraint. En ce sens, Europe Écologie Les Verts, encore une fois, l’exhorte à abolir l’ignoble délit de solidarité et rappelle l’impériosité de l’inconditionnalité de l’accueil.

Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux